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Après le SEO, les campings doivent-ils apprendre à être recommandés par l’IA ?


Par Marc Maudelonde -

L’intelligence artificielle transforme progressivement la façon dont les vacanciers recherchent leur prochain séjour. Pour les campings, un nouvel enjeu apparaît : ne plus seulement être bien positionné sur Google, mais aussi être cité et recommandé par les IA génératives.

Après le SEO, les campings doivent-ils apprendre à être recommandés par l’IA ?
Le référencement touristique est en train de changer de nature. Alors que Google vient de généraliser en France ses nouvelles expériences de recherche dopées à l’intelligence artificielle, les vacanciers commencent à poser leurs questions directement aux IA. Pour les campings, l’enjeu n’est plus seulement d’apparaître dans les résultats de recherche : il consiste désormais à être cité, compris et recommandé par ces nouveaux intermédiaires numériques. Une évolution qui fait émerger un nouveau terrain de jeu : le GEO, ou Generative Engine Optimization.


« Quel camping familial choisir en Vendée avec une piscine chauffée, des animations pour les enfants et un accès rapide à la plage ? »

Hier, cette question aurait probablement été saisie dans Google sous la forme de quelques mots-clés. Aujourd’hui, elle peut être posée directement à ChatGPT, Gemini ou Perplexity. Et la différence est loin d’être anecdotique : au lieu de renvoyer l'internaute vers une longue liste de résultats, l’intelligence artificielle peut formuler directement une réponse et proposer quelques établissements.

Le changement est suffisamment profond pour intéresser de près les professionnels du tourisme. En France, Google a lancé en juillet ses « Aperçus IA » et son « Mode IA », permettant aux internautes de formuler des recherches beaucoup plus conversationnelles et d’obtenir directement une synthèse générée par l’intelligence artificielle.

Dans le même temps, Google observe une forte progression des recherches liées aux assistants et à la planification de voyages par IA.

Pour les campings, une nouvelle question apparaît donc : comment être certain que son établissement fait partie des réponses proposées lorsque le vacancier ne cherche plus seulement une information, mais demande à une IA de l’aider à choisir ?

De la liste de résultats à la recommandation

Pendant des années, la bataille digitale des campings s’est principalement jouée autour du référencement naturel. Être bien positionné sur « camping Vendée », « camping Ardèche » ou « camping avec parc aquatique » constituait un objectif majeur.

Le principe était relativement simple : apparaître suffisamment haut dans les résultats pour obtenir la visite de l’internaute, puis transformer cette visite en demande de disponibilité ou en réservation.

L’IA introduit une étape supplémentaire.

Lorsqu’un utilisateur demande à un assistant conversationnel de lui recommander un camping, celui-ci ne lui présente pas nécessairement dix pages de résultats. Il peut sélectionner quelques établissements et expliquer pourquoi ils semblent correspondre à la demande.

Le camping n'est donc plus seulement en concurrence pour une position dans une page de résultats. Il entre potentiellement en concurrence pour une place dans une réponse.

Cette évolution change également la nature des requêtes. Le vacancier peut préciser son profil, ses contraintes et ses attentes : présence d’enfants, animaux acceptés, proximité d’une plage, environnement calme, piscine chauffée, emplacements pour camping-car, hébergements insolites, accessibilité, activités sportives ou encore proximité d’un site touristique.

Autrement dit, la recherche se rapproche de plus en plus d'une conversation.

Une nouvelle bataille pour la visibilité

Cette transformation ne signifie pas pour autant que le SEO disparaît. Bien au contraire.

Les fondamentaux restent essentiels : qualité du site, contenu, réputation, avis clients, informations fiables, popularité et présence sur des sources reconnues.

Mais une nouvelle couche vient désormais s’ajouter au référencement traditionnel.

C’est ce que l’on désigne sous le terme de **GEO (Generative Engine Optimization)** : l’ensemble des pratiques visant à améliorer la capacité d’une marque ou d’un établissement à être compris et cité dans les réponses générées par les moteurs et assistants utilisant l’intelligence artificielle.

Pour un camping, cela implique notamment de rendre son offre particulièrement lisible.

Un établissement qui propose une piscine chauffée, des animations pour les enfants, des emplacements XXL et l’accueil des chiens doit pouvoir être identifié clairement comme tel par les moteurs. Ses informations doivent être cohérentes d’un support à l’autre et suffisamment détaillées pour permettre à une IA de comprendre son positionnement.

Les contenus éditoriaux prennent également une nouvelle dimension. Une page consacrée à la région, un guide des activités à proximité, une présentation précise des différents hébergements ou encore des contenus répondant aux questions des familles peuvent contribuer à construire cette visibilité.

L’enjeu dépasse le site internet du camping

L’une des particularités de cette nouvelle recherche est que l’IA ne se limite pas nécessairement au site officiel de l’établissement.

Pour construire ses réponses, elle peut s’appuyer sur différentes sources disponibles sur le Web : guides, annuaires, avis, sites spécialisés, offices de tourisme, médias ou autres plateformes.

La réputation numérique globale d’un camping devient donc un élément stratégique.

Un établissement peut disposer d’un excellent site internet mais rester peu présent dans les réponses générées s’il est difficile à identifier, si ses informations sont contradictoires ou s’il dispose de peu de signaux provenant de sources extérieures.

À l’inverse, un camping régulièrement cité dans des contenus spécialisés, bien décrit sur différents sites et bénéficiant d’avis cohérents peut disposer de davantage de matière permettant aux systèmes d’IA de le recommander.

Le référencement devient ainsi moins une affaire de mots-clés isolés qu’une affaire de présence numérique globale.

Mesurer ce que l’IA dit réellement de son camping

C’est précisément sur ce nouveau besoin que se positionne Otrak, développé par l’agence Premiere.Page, spécialisée dans le SEO et le GEO.

L’outil part d’une problématique très concrète : un gestionnaire de camping peut suivre son positionnement sur Google, son trafic ou ses conversions, mais comment savoir ce que répondent les principales IA lorsqu’un vacancier pose une question correspondant à son offre ?

Otrak permet de définir des « prompts » stratégiques correspondant aux recherches susceptibles d’être formulées par les futurs clients : « camping familial avec piscine chauffée en Vendée », « camping proche des gorges de l’Ardèche » ou encore « camping acceptant les animaux au bord d’un lac ».

L’outil interroge ensuite ChatGPT, Gemini et Perplexity et centralise les réponses afin de suivre la visibilité de l’établissement.

Parmi les indicateurs proposés figurent notamment la fréquence à laquelle le camping est cité, sa part de voix par rapport aux concurrents, les mentions qui lui sont consacrées, le sentiment associé à ces citations ainsi que les sources utilisées par les IA pour construire leurs réponses.

Les résultats peuvent également être suivis dans le temps, exportés et rapprochés des données de trafic du site grâce à une connexion avec Google Analytics.

Un nouvel indicateur à intégrer dans la stratégie digitale des campings ?

Pour les exploitants, l’intérêt de ce type d’outil ne réside finalement pas uniquement dans la technologie.

Il pose une question plus stratégique : comment les moteurs et les IA perçoivent-ils réellement mon établissement ?

Un camping peut avoir l’impression d’être parfaitement visible parce qu’il est bien positionné sur ses principaux mots-clés. Mais si, lorsqu’un vacancier demande à une IA « quels sont les meilleurs campings familiaux de la région ? », l’établissement n’apparaît jamais, une partie de sa visibilité potentielle lui échappe.

La comparaison avec les concurrents devient alors particulièrement intéressante.

Quels campings sont systématiquement cités ? Lesquels sont associés à une image haut de gamme ? Lesquels sont présentés comme adaptés aux familles ? Quels établissements apparaissent lorsqu’un internaute précise qu’il voyage avec son chien ? Quels sont ceux qui ressortent lorsqu’il recherche un camping calme, écologique ou proche d’une plage ?

Ces questions permettent de passer d'une logique de simple présence à une logique de "positionnement".

L’IA ne remplacera pas le référencement traditionnel

Il serait toutefois prématuré d’opposer SEO et GEO.

Pour les campings, les deux approches sont appelées à fonctionner ensemble. Le référencement traditionnel reste indispensable pour générer du trafic depuis les moteurs de recherche, tandis que l’optimisation pour les moteurs génératifs devient progressivement un nouvel axe de visibilité.

La frontière entre les deux est d’ailleurs de plus en plus floue.

Google lui-même fait évoluer son moteur vers des interfaces capables de comprendre des requêtes complexes, de fournir une réponse synthétique et de proposer ensuite des liens permettant d’aller plus loin.

La véritable évolution est donc ailleurs : le moteur de recherche ne se contente plus de trouver des pages. Il cherche de plus en plus à comprendre une intention et à formuler une réponse.

Pour les professionnels de l’HPA, cela signifie que la qualité et la précision de l’information deviennent stratégiques.

Demain, être trouvé ne suffira peut-être plus

Le mouvement est encore récent, et les pratiques vont continuer à évoluer. Les réponses d’une IA peuvent varier selon le moteur, la formulation de la question, la localisation ou le contexte fourni par l’utilisateur. Elles peuvent également comporter des erreurs : Google rappelle lui-même que les réponses générées par IA peuvent être inexactes.

Mais le changement de comportement est déjà suffisamment visible pour que les campings commencent à s’y intéresser.

Pour un établissement touristique, la question digitale pourrait ainsi progressivement passer de « suis-je bien positionné sur Google ? » à une interrogation beaucoup plus large :

« Lorsque mon futur client demande à une IA quel camping choisir, est-ce que mon établissement fait partie de la conversation ? »

C’est probablement l’un des nouveaux indicateurs de visibilité que les gestionnaires de campings devront apprendre à surveiller.

Otrak en bref

Développé par Premiere.Page, Otrak mesure la visibilité d’un établissement dans les réponses générées par ChatGPT, Gemini et Perplexity. L’outil suit notamment les mentions, la part de voix, les citations, le sentiment et les sources utilisées par les IA. Disponible depuis juillet 2026, il propose un essai gratuit de 30 jours et des abonnements à partir de 19 € par mois.


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